Prix littéraires
In Extremis de Blaise Agresti
Le livre de Blaise Agresti, In Extremis, vient de recevoir le Grand Prix du Salon du Livre de Montagne de Passy 2007.
À l'occasion de ce Prix, Le Dauphiné Libéré présente l'auteur et son livre.
Passy. Festival du livre. Blaise Agresti rend hommage aux pionniers du PGHM.
Le peloton de gendarmerie de haute montagne, Blaise Agresti le connaît bien, pour l'avoir dirigé de 1998 à 2002.
Un de ses premiers secours sera l'avalanche de Montroc (12 morts, le 9 février 1999). "
Le quotidien d'un sauveteur est lourd à supporter" explique ce solide gaillard, né en 1971 à Nice, d'un père guide et professeur à l'École nationale de ski et d'alpinisme (ENSA) et d'une mère, professeur de lettres classiques.
Mais si les nombreux drames qui affectent chaque année le milieu de la montagne rendent le travail difficile, les sauvetages effectués par les hommes du PGHM de Chamonix restent gravés à jamais dans leur mémoire.
C'est cette mémoire collective inédite que Blaise Agresti a voulu exhumer dans son ouvrage paru aux éditions Guérin : "In extremis", Grand Prix 2007 du festival du livre de montagne de Passy.
"Ca n'a pas toujours été facile de délier la langue des
anciens" explique l'auteur, "mais, petit à petit, j'ai pu collecter
des histoires émouvantes ou extraordinaires, des anecdotes qui n'avaient jamais été racontées auparavant.
Mon travail a été d'en faire une synthèse cohérente, de trier les histoires et les documents tirés des archives du PGHM. C'est ce qui a été le plus dur à faire, je n'ai pu mettre que 320 des 1200 photos que j'avais sélectionnées. Ca a été un véritable déchirement."
À travers ces témoignages, concernant des opérations méconnues ou célèbres, Blaise Agresti, aujourd'hui patron du Centre national de ski et d'alpinisme de la gendarmerie (Cnisag) montre
comment le PGHM est devenu progressivement le principal organisme de secours de la vallée de Chamonix.
"Au départ, en 1958, ils n'étaient que 12" rapelle-t-il, "La première année, il y a eu 30 secours et beaucoup de morts. Les conditions étaient extrêmement difficiles, il n'y avait pas de téléphones portables pour prévenir les secours. Aujourd'hui, il y a entre 1200 et 1400 secours par an.
Cette évolution, on la doit à quelques chefs qui ont su prendre les bonnes décisions pour faire progresser le PGHM. C'est cette histoire humaine que j'ai voulu mettre en valeur."
Décrocher
le grand prix du festival est presque un trop grand honneur : "Ce livre, ce n'est pas
les aventures de Blaise à la montagne,
c'est un ouvrage collectif. La reconnaissance vaut pour tout le monde, mais c'est sûr que décrocher ce prix et paraître aux éditions Guérin, à côté de grands noms de l'alpinisme a été un véritable honneur pour moi."
Stéphane Bouchet, Le Dauphiné Libéré, Dimanche 12 août 2007.